Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/281

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MARTHE, (se dégage sans se presser et se tamponnant les yeux.)

Laisse !… Passe-moi l’appareil… Allô !… (Elle se lève précipitamment.) C’est toi ?… Pas possible ! Qu’est-ce qu’il y a ?… Mais qu’est-ce qui est arrivé ?… Quel malheur ?… La statue est tombée par terre ?… (Elle essaie de rire.) C’est comique… Alors, ça s’est passé pendant que vous étiez là ?… À huit jours ?… Eh ! bien, vrai ! voilà qui est réjouissant… Tu as pu prendre le train de deux heures ?… Et pourquoi n’es-tu pas venu ici directement ?… D’où téléphones-tu donc ?… De chez Legardier ?… De la Mazarine ?… (Elle met la main sur le récepteur et fait des signes d’effroi à Sergyll.) C’est donc ça que j’entends si nettement !… Mais, mon chéri, je ne pouvais pas être chez moi, je t’avais promis de recevoir à ta place. Je crois bien, coco, arrive ! À tout à l’heure… (Elle raccroche le récepteur.) Vite, vite, décampe !… Il sera là dans deux minutes… Il téléphonait de la Bibliothèque Mazarine, juste à côté… Le temps de sauter dans son taxi, il sera là…


SERGYLL.

Il n’y a donc pas eu d’inauguration ?


MARTHE.

Un accident stupide… Tu vois de quelles imprudences on est capable ! Ce sont toujours les choses les plus invraisemblables qui arrivent, dans la vie !… Dépêche-toi… Oh ! je m’en veux !


SERGYLL, (à la porte, réfléchissant.)

Mais comment se fait-il qu’il ne soit pas venu ici directement, au lieu de téléphoner ? Pourquoi ?