Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/303

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MARTHE.

Ah ! tu les verras à l’œuvre, quand tu seras seul, tous ceux qui ont profité de tes faveurs, envié ta gloire !…


BARNAC.

Non pas !… Ceux qui, simplement, vont aider le blessé à remonter la côte et à retrouver un peu de force.


MARTHE.

Oh ! je ne lutterai pas contre eux !… J’y suis décidée… Sois tranquille !… Je me laisserai condamner par eux, sans révolte !…


GENIUS.

Pourquoi nous prêter de pareils desseins. Madame ! Nous ne sommes pas juges. Votre seul crime, à nos yeux, c’est de l’avoir choisi, lui !… Nous ne voyons que deux êtres qui souffrent et nous leur disons, avec tout notre cœur : « Mes chers amis, ne vous déchirez plus ! Quittez-vous plutôt !… »


MARTHE.

Vous n’avez pas été les témoins de notre vie !… Alors, de quoi vous mêlez-vous ? Écoute, Paul, pas devant les étrangers ! Si l’heure est venue de partir, dis-le… mais dis-le toi-même !…


LEGARDIER, (à voix basse à Barnac.)

Courage, vieux ! Surmonte ta douleur. La guérison est à ce prix !


GENIUS, (tout à coup, en regardant fixement Barnac.)

Assez, Legardier !… Ce ne sont pas de fades paroles qu’on lui doit à cet homme-là !… Non, non,