Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/31

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MANUEL.

Merci encore, Don Juan !… Je te devrai la plus belle nuit de ma vie !…


DON JUAN.

Ce qui prouve que la plupart des hommes ont des rêves d’une extrême modicité…


MANUEL.

Tu me donnes l’occasion de réaliser une ambition que je jugeais impossible : tenir une heure cette femme dans mes bras !…


DON JUAN.

Rapporte-moi seulement une mèche de ses cheveux !… Et tu me diras si, comme je le redoutais, sa gorge n’était pas au-dessous de sa renommée ?… Je souhaite, pour toi, de m’être trompé, camarade !


MANUEL.

Je serai probablement bien empêché de te renseigner !…


DON JUAN.

C’est juste. La nuit, tous les seins sont purs !… Adieu !


MANUEL.

Dans une heure, je serai là, je te le promets.


DON JUAN.

Prends ton temps !… Prends ton temps !… Je ne suis pas pressé. Tâche surtout de ne pas dévoiler la supercherie dans ta précipitation ou dans l’extase !


MANUEL.

Compte sur moi pour soutenir ta réputation.


DON JUAN.

Jeune présomptueux !… Tu me retrouveras au