Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/30

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CONSUELITO.

Seriez-vous lâche, vous le plus beau des enfants des hommes ?…


L’HOMME.

Non ; mais j’aime l’ombre passionnément. À force de l’aimer, mes yeux sont devenus comme ceux des matous et je vois mieux dans l’obscurité… J’ai des prunelles pailletées d’or… Je veux te posséder dans le secret !… Je t’en aimerai bien mieux, je te le promets !… Va souffler la veilleuse importune… Tu ne t’en repentiras pas, bien-aimée.


CONSUELITO.

Attendez-moi, je reviendrai pour vous guider !…

(Elle s’enfuit. Resté seul, l’homme se penche sur la terrasse et imite dans la nuit le cri de la chouette. Un autre homme descend le grand escalier de marbre en se dissimulant et vient se poster contre le mur.)


Scène II


MANUEL, DON JUAN


L’HOMME, (se penchant du haut de la terrasse.)

Merci, Don Juan !


DON JUAN.

Bonne chance, Manuel !…


MANUEL.

À tout à l’heure !…


DON JUAN, (d’en bas.)

Et fais honneur à mon pavillon ! Je me fie à toi !…