Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/36

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LE CHAPELAIN, (qui le suit.)

Vous rêvez, monseigneur !

(Les hommes d’armes du duc s’élancent derrière lui.)

UN SOLDAT.

Quelqu’un vient de bouger par là !…


PREMIER OFFICIER.

Un mendiant qui cherche à passer la nuit dans les jardins.


NUNEZ, (s’est précipité et suit la muraille.)

Si c’est toi, Don Juan, ah ! j’en fais serment, j’assouvirai ma vengeance !… Je labourerai ta face… je casserai le miroir où nos femmes se sont mirées. (Il disparaît. On n’entend que sa voix.) Ne rampe pas comme une taupe !… Rien ne pourra te sauver… Je te trouverai au bout du monde…


DEUXIÈME OFFICIER, (criant.)

Quelle imprudence, seigneur !


LE CHAPELAIN, (aux gardes.)

Courez à son aide !


LA VOIX DE NUNEZ.

Là !… là !… il a glissé dans le fossé… J’ai entendu le bruit de son épée sur une pierre.


LE CHAPELAIN.

Notre maître a le cerveau troublé par les vapeurs fétides de la jalousie… Il n’y a pas plus d’amant sur la terrasse, j’en jurerais, qu’il n’y avait de truite au bout de ma ligne ce matin quand je péchais tranquillement dans le petit bois de chênes verts.


PREMIER OFFICIER.

Je ne suis qu’un simple militaire, mais je con-