Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/37

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clus qu’il ne faudrait point que notre maître fût chargé d’un commandement bien important à la guerre… Il fait preuve d’une singulière incompétence en matière tactique… Il avertit d’abord l’ennemi par des éructations inconsidérées de sa vengeance et fonce aussitôt après que l’adversaire s’est tiré des chausses à travers prés !…


LA VOIX DE NUNEZ.

Faites lâcher les chiens !

(Il revient.)

PREMIER OFFICIER.

Monseigneur, monseigneur… voyez votre imprudence !… Vous eussiez été moins prompt que nous tenions peut-être le gaillard au bout de la broche.


DEUXIÈME OFFICIER.

La fouine au poulailler.


LE CHEVALIER.

Vous nous aviez promis la modération !


NUNEZ.

C’est vrai !… Je n’ai pu me retenir. Dès que j’ai vu s’agiter cette ombre… le sang m’est monté à la gorge.


PREMIER OFFICIER.

En tout cas, l’honneur est sauf !… Vous êtes arrivé à temps ! Quelques instants de plus…


LE CHAPELAIN.

Et qui vous dit que vous ne vous êtes pas leurré en tout ceci… et qu’il n’y a pas eu le moindre péril pour la vertu de votre femme ?…


NUNEZ.

Pas de doute possible !… J’ai confiance absolue