Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/51

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teau. Peut-être ces lignes contiennent-elles une indication !


NUNEZ, (lit à la lueur d’une torche.)

D’abord un titre… Mémoires de l’Homme à la Rose… L’homme à la rose !… Quel est l’orgueilleux qui se désignait ainsi ?… Approchez la flamme… Ah ! J’en étais sûr !… Plus de doute possible… J’ai bien abattu la bête !… Le livre détaillé de ses méfaits… Allons, dites de ma part là-haut qu’on arrête les recherches !… Faites mettre au cachot pour cette nuit toutes les servantes de la duchesse. Quant à elle, ramenez-la promptement ici !


PREMIER HOMME.

Bien, monseigneur.


NUNEZ, (lisant.)

C’est un acte d’accusation terrible… J’ai droit de haute et basse justice !… Je suis duc de Nunez et d’Anteguerra, prieur de San Marcos, et capitaine des gens de mer !… J’ai droit de vie et de mort sur ma seigneurerie !… À la prison, les chambrières ! Elles seront flagellées avec des tresses de crin. Et ma femme au couvent !… Elle ira baiser les lèvres du bien-aimé imaginaire chez les franciscaines !… Les feuillets qui tiennent dans un sac de cuir sont détachés les uns des autres, mais numérotés soigneusement… Prends, chapelain… parcours rapidement et voyons s’il n’y a pas d’erreur possible : « Préface. » (Il lit.) « Voici mes convictions : je suis monothéiste et polygame. » (S’interrompant.) C’est un pédant !


LE CHAPELAIN, (lisant.)

« J’ai aimé le pâté de macaroni fait par un bon cuisinier napolitain, le gaspacho national, la morue de Terre-Neuve bien gluante… »