Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/333

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GEORGET.

Il est de chez nous ?


IRÈNE, (extasiée.)

De chez nous ! comme tu as bien dit cela !… oui, de chez nous, de notre boîte… Avoue qu’elle est exquise notre maison, quand on la voit de la route en montant… Elle dit bien ce qu’elle est, hein ? Elle est positivement plus tendre que les autres dans le feuillage… avec le bruit gai de sa fontaine et de ses oiseaux…


GEORGET.

Tu es lyrique, mais juste.


IRÈNE.

Je suis lyrique parce que je réalise un rêve… le grand, grand rêve ! Je suis lyrique pour la maison, parce que je n’en ai jamais eu qu’une : celle-ci.


GEORGET.

Ingrate ! Et les nôtres d’avant ?… Elles ont eu leur bon.


IRÈNE.

Non, non, elles n’existaient pas : nous n’y étions pas ensemble ; nous les volions… Ces choses-là se passaient avant moi, je ne m’en souviens pas… je ne me souviens de rien… Maintenant seulement j’existe… Mon corps est nouveau. Il me semble que je vivais dans des gaines, à l’ombre… maintenant tout mon être est libre. Je pousse… La cosse est craquée.