Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/391

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s’agit pas de révolte, va ! Si tu l’avais entendue, ici, tout à l’heure, elle t’aurait touché, si simple, si repentante, si humble et lamentable, la pauvre femme.


RYSBERGUE.

Elle s’est accusée, n’est-ce pas ?


RICHARD.

Formellement.


RYSBERGUE.

Elle a témoigné de sa honte ? Pour un peu si tu lui avais demandé de honnir son Georget avec horreur, elle l’aurait fait.


RICHARD.

Je le lui ai demandé.


RYSBERGUE.

Il n’y a pas de renoncement qu’elle ne te consente !… Toutes les lâchetés, toutes les humilités, tu les auras, à une condition, une seule : c’est que tu lui donnes ce petit bout de gosse qui est là, qu’elle attend… et qui est devenu la seule espérance à laquelle elle puisse se raccrocher… Je vais même, mon pauvre Richard, t’enlever une illusion, et ce te sera pénible, mais que veux-tu ?… Elle t’a probablement fait aussi des protestations de tendresse et elle t’a donné à comprendre que c’était beaucoup pour toi qu’elle revenait ?


RICHARD.

Sans doute.