Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/32

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Rochegrosse… — Bon, bon, j’y vais de ce pas… » Et on n’y va pas ! On n’ira jamais !… Et nos cheveux blanchissent et nos bedons se tendent. La grand’route s’éclaircit… des jeunes poussent qui refont la côte… on ne sait pas leurs noms… et soi, on file, on file, on file… quelle tristesse ! Ils rient.


SELLIER.

Mais non, mais non, ne t’attriste pas… (Au garçon.) Cinq francs cinquante… Gardez la monnaie… Cigarette ?… merci.

(Ils se lèvent tous trois et s’en vont en parlant et fumant. En s’en allant, ils ont débloqué la table de Bernier, de Lolette et de Tabourot.)

LOLETTE.

Acré… Voilà Garnieries qui nous fait des signes télégraphiques… Ce doit être pour nous dire où c’en est… (Elle monte, affairée, sur une chaise.) Oui, oui, c’est ça ! Il fait des chiffres avec sa main… Cent… cent… vingt… cent vingt-cinq…

(Elle agite ses mains dans l’air comme les sourds muets.)

BERNIER, (la tirant par sa robe.)

Prends garde… Descends donc de là, Lolette… tu vas nous couvrir de ridicule…


LOLETTE.

Vingt-cinq… quoi ?… Ah ! oui… trente… (Elle se retourne.) Chouette ! Cent trente !… Pierre !… tu en es à cent trente voix !… Hein ! Qu’est-ce que je disais, mon pigeon ?