Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/104

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THYRA.

J’en jouais… Pauvre Perdita ! C’est ainsi que j’ai appelé cette harpe qui me servait d’accompagnatrice.


ARTACHEFF.

Pourquoi ne jouez-vous plus ?


THYRA.

Parce que j’ai perdu ma voix.


ARTACHEFF.

Vous aviez une belle voix ?


MADAME DE MARLIEW, (s’exclamant.)

Si elle avait une belle voix !… Ah ! ne lui en parlez pas… ça lui fait trop de chagrin d’en parler. Une voix prodigieuse !… Et vous savez, elle n’avait pas pris de leçon. Elle chantait librement…


THYRA.

Avant la sculpture, le cheval et le chant, c’était toute mon âme… Oui, j’avais une voix, je crois, extraordinaire… C’était un don de Dieu… Il me l’a retiré…


LIGNIÈRES.

Un de mes amis, qui vous a entendue à Nice, m’a dit que vous aviez une voix de soprano d’un timbre remarquable.


LA COMTESSE.

Et, de cette voix, il ne reste rien ?


THYRA.

Rien du tout !


CORNEAU.

Mais si peu que ce soit… si peu que ce soit…