Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/200

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est essentiel, c’est ce que je viens d’entendre. Désires-tu que je te le répète mot pour mot ? Je suis si ravie !… Eh bien, il a assuré que la balle…

(Entre Arthur, le garçon de salle. Il s’avance, timide.)

BOUGUET, (sans le regarder.)

Approchez.


ARTHUR.

Monsieur ne va pas plus mal ?… Il paraît que ça ne sera rien… Nous avons été bien attristés, Monsieur…


BOUGUET.

Merci, Arthur… Allez dire à Monsieur Blondel que je l’attends ici… Qu’il vienne vite, très vite, par exemple…


ARTHUR, (stupéfait.)

À Monsieur Bl… (Il se reprend devant le regard sévère de Bouguet.) Bien, Monsieur.

(Il sort.)

MADAME BOUGUET, (tremblante.)

Qu’as-tu dit ?… Laurent… J’ai dû mal entendre ou il faut que je sois folle !…


BOUGUET.

Tu as bien entendu.


MADAME BOUGUET.

Oh !


BOUGUET.

Reste. J’exige impérieusement que tu sois là, cette fois !


MADAME BOUGUET, (révoltée.)

Jamais ! Jamais !… Pas cela !… Je ne le pourrais pas… Lui, ici, devant moi, ton meurtrier !…


BOUGUET.

Je l’exige, cependant !