Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/61

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BOUGUET.

Mais tu t’avances beaucoup, ma chère amie.


MADAME BOUGUET.

Encore une fois, je ne fais luire à ses yeux qu’une espérance et non une certitude, mais quelle espérance !… L’homme le meilleur, le plus haut placé, un esprit de première valeur, notre collaborateur…


EDWIGE.

Monsieur Blondel ?


MADAME BOUGUET.

Eh bien, tu ne dis plus rien ?… Je n’affirme pas… remarque-le… et, de toutes façons, je te prie de garder pour toi ce que je viens de t’apprendre… Je compte sur ta discrétion, n’est-ce pas ?

(Silence.)

EDWIGE.

J’étais au courant de cet amour.


MADAME BOUGUET.

Ah ! bah ! J’ignorais qu’il t’en eût parlé ?


EDWIGE.

Il ne m’en a pas parlé, mais je le connaissais tout de même. Ce mariage est impossible. Monsieur Blondel ne peut pas m’épouser.


MADAME BOUGUET.

L’obstacle ?


EDWIGE.

Je ne suis pas épousable, vous le savez bien.


MADAME BOUGUET.

Blondel est-il au courant ?…


EDWIGE.

J’ignore… Pas par moi en tout cas.