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université italienne, peut-être à Pavie où les cours de Franciscus de compter Maurice Scève au nombre de ses élèves ; il n’existait pas encore à cette époque. Le futur poète fut probablement instruit dans la maison paternelle, peut-être par son père, peut-être par un précepteur,

Cherchons surtout dans sa parenté les compagnons de sa jeunesse. Son cousin, Guillaume Scève (le poète latin qui correspondait avec Dolet et Boissonné) partageait probablement une grande partie de ses études ; ils étudiaient tous deux le droit et restèrent des amis intimes pendant toute leur vie.

Scève sans doute connut déjà à cette époque les trois frères de Vauzelles, avec qui nous le verrons lié plus tard par des liens d’amitié et de parenté. Matthieu (mort en 1562), l’aîné, le futur beau-frère de Maurice Scève, étudia le droit à Pavie, et montra un goût prononcé pour les belles lettres. En 1517 il fut choisi par le chapitre des comptes de Saint-Jean pour être juge des serres de cette église. Cette même année, il succéda au père de Scève dans sa charge de juge-mage[1]. Nous le verrons plus tard dans les plus hautes fonctions de la province lyonnaise, protégeant toujours les poètes latins et français qui le célèbrent souvent dans leurs épigrammes.

Georges de Vauzelles (mort en 1557) était chevalier de Saint-Jean de Jérusalem et commandeur de la Torrette. Il se distingua par son courage au siège de Rhodes (1522). Après la perte de la ville, il revint en France, amenant avec lui un enfant grec de la branche des Lascaris qu’il fit instruire à ses dépens. Ce jeune homme sera le célèbre helléniste Jacques de Vintimille.

Jean de Vauzelles (mort en 1557) avait choisi la carrière ecclésiastique. Il était chevalier de l’église métropolitaine de Lyon et prieur de Montrottier. Attaché comme maître des requêtes à la cour de Marguerite de Navarre, aux comédies ascétiques de laquelle il collabora probablement, il était en même temps correspondant littéraire de l’Arétin dont il traduisit la Genèse (1542) et dont il voulut traduire la Vie de la Vierge en français ; son influence sur l’universalité des lettres lyonnaises dut être énorme[2].

Claudine et Sybille Scève (la première mariée à Matthieu de Vauzelles), très probablement les sœurs de Maurice Scève, sont une nouvelle preuve des aspirations de la famille vers une instruction générale et vers la poésie. Il se pourrait bien que Scève,

comme Matthieu de Vauzelles, ait passé quelque temps dans une
  1. Guichenon, Histoire de la souveraineté de Dombes. tom. II. p. 34.
  2. cf. les articles de Ludovic de Vauzelles dans la Revue du Lyonnais, années 1870, 1872 et 1877.