Page:Bayon - Ar Hent en Hadour.djvu/11

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voisine de celle des gens simples que nous voyions vivre avec Jésus, il y a de si longs siècles. Rien, dans nos impressions d’enfance et de jeunesse, ne nous est plus familier que les scènes de la vie divine.

Aussi, pas un paysan, et, dans bien des villes, pas un ouvrier ne demeurerait indifférent à votre « Mistère » de Bethléem. Il leur procurerait l’illusion très douce d’une veillée de Noël. Déjà il a enlevé le suffrage des amateurs. On saurait l’apprécier dans les coins les plus humbles du pays. L’absence des décors somptueux ne nuirait pas à ce spectacle de paroisse ou de famille. Il y aurait plein accord entre les âmes et le texte sonore de votre poésie, et les hautes pensées qu’elle exprime. Je me fais peut-être illusion. Mais il me semble que votre œuvre, sous ce deuxième aspect, pourra faire un bien intense et plus étendu.

Je demande à Dieu de rendre votre apostolat fécond. Nous n’aurons jamais à notre disposition trop de moyens d’atteindre les âmes et d’y mettre profondément la mentalité catholique. Un des curés de Bignan, Monsieur Noury, m’at-on dit, à la veille de la Révolution, voyant que ses prônes étaient mal écoutés en chaire, les mit en dialogues, que les artistes locaux aimaient à répéter le soir, aux veillées bretonnes. L’Évangile ne sera pas diminué pour être ainsi popularisé, pourvu que les poètes lui donnent le vêtement d’or dont vous savez orner les pensées de la foi.

Avec mes félicitations et ma bénédiction, recevez, cher Monsieur Le Bayon, l’assurance de mes sentiments affectueux et dévoués en N. S. J. C.

† ADOLPHE
Ev. de Quimper et de Léon