Page:Beaugrand - Jeanne la fileuse, 1878.djvu/26

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


village, un brave homme nommé Cléophas, que les jeunes gens avaient baptisé du sobriquet expressif de Crin-crin, fut juché sur une table, et après avoir accordé son instrument, attaqua un cotillon qui fit bondir garçons et filles dans le tourbillon de la danse nationale.

Les voyageurs étaient naturellement les lions de la soirée, et les jeunes filles lorgnaient avec timidité la mine hardie, l’œil vif et le teint bronzé des bûcherons de l’Outaouais.

On sauta, on dansa, on introduisit les « jeux de société » ; et il était minuit lorsque madame Montépel vint annoncer d’une voix rendue tremblante par l’émotion qu’elle avait ressentie :

– Enfants ! le souper est servi. Approchez tous ! Buvez un verre et mangez bien en l’honneur des voyageurs.

Il ne fut pas nécessaire de répéter l’invitation, et chacun s’empressa de prendre place autour d’une table immense surchargée de grands plats du ragoût national, de beignes et de pâtés traditionnels. Les invités, sur la demande du père Montépel remplirent leurs verres et trinquèrent à la santé des héros de la fête.

Le maître d’école fit même un joli discours en réponse à cette santé, et chacun fit honneur aux mets appétissants préparés par Madame Montépel