Page:Beaugrand - Jeanne la fileuse, 1878.djvu/43

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


but de faire mes soumissions pour la fourniture du fourrage à cette nouvelle compagnie. Je vois par mon journal que plus de 500 chevaux sont maintenant au service de cette entreprise. Ces chevaux demandent du fourrage, et comme ma ferme produit une admirable qualité de foin, je vais aller faire mes offres de service aux directeurs de la compagnie. Qu’en dis-tu, femme ?

— Mon Dieu, Jean-Louis ! tu sais que j’ai pleine confiance dans ton habileté à conclure les marchés les plus difficiles. Va, mon homme ; mais surtout, fais bien attention à ces coquins d’anglais qui savent toujours tirer avantage des « habitants » canadiens.

Et le père Jean-Louis était parti pour la ville et avait conclu des arrangements tout-à-fait avantageux. Ce qui le décida à consacrer la plus grande partie de sa ferme à la culture du foin.

La fenaison, à la ferme Montépel, était donc une affaire d’importance, et un grand nombre de jeunes fermiers des alentours venaient offrir leurs bras vigoureux au père Jean-Louis, afin de terminer avantageusement la récolte des foins, sans risquer les pertes occasionnées souvent par le manque de bras et les pluies de juillet.

Tout était donc travail et activité pendant la première quinzaine de juillet.