Page:Beaugrand - Jeanne la fileuse, 1878.djvu/85

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


ses amis et même de toute personne qui pût recevoir les dernières confidences de ses lèvres mourantes ?

Nous quittâmes, le lendemain, le village indien pour rejoindre nos camarades, et six mois plus tard, je revenais à Contrecœur après avoir fait une chasse magnifique.

Mes gages que j’avais économisés avec soin, me permirent d’acheter un coin de terre où je bâtis une maisonnette. Ma femme était alors une jeune fillette de 18 ans, au teint frais comme la rose. Je succombai aux attraits d’une amitié d’enfance qui était devenue un sentiment plus tendre, et je la priai de partager mon sort.

Elle accepta ; mais je résolus de remplir, avant mon mariage, la promesse que j’avais faite au chef de la tribu des sauvages du lac Néquabon. Je me rendis à Montréal, et je remis entre les mains du supérieur de Saint-Sulpice, les documents qui m’avaient été confiés d’après les ordres du missionnaire expirant.

Quinze jours plus tard, il y avait noce dans la famille, et je conduisais à l’autel celle qui fut ma compagne dévouée, et que la mort m’a enlevée à la naissance de Jeanne.

Plusieurs mois s’écoulèrent et je vivais heureux