Page:Beaugrand - Jeanne la fileuse, 1878.djvu/97

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— Ma foi ! capitaine, je suis à vos ordres. Après avoir partagé avec vous les périls du combat, je suis prêt à vous tenir compagnie dans votre retraite.

— Bien ! très bien ! Il s’agit maintenant de s’éloigner sans éveiller les soupçons du voisinage. J’apprends que les habits rouges sont au bout-de-l’île, chez Deschamps, et qu’ils n’attendent que le moment propice pour faire une descente à Contrecœur. Il faut donc nous presser. Dis adieu à ta femme et partons.

J’embrassai ma femme après lui avoir donné les explications nécessaires, et quelques instants plus tard, je me trouvais chez le capitaine Marion, où nous attendait la voiture de son père.

Nous prîmes la route de Lanoraie, en longeant la rive sud du fleuve jusqu’à un point vis-à-vis l’église du village. Là, nous traversâmes le Saint-Laurent et il était deux heures du matin lorsque notre embarcation toucha la rive nord du fleuve, en face de la maison de M. Marion. Après avoir pris un copieux repas préparé à l’avance par Madame Marion qui nous attendait, nous remontâmes en voiture pour nous diriger vers la forêt où le père de mon ami nous avait préparé une retraite dans sa « cabane à sucre », au milieu d’un magnifique bois d’érables. Cette cabane était assez