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LETTRES DE VOYAGE

des morts et des blessés français et arabes, et la ville était prise. C’est alors que le colonel Combes, du 47ème de ligne, vint rendre compte du succès de l’opération. Le héros atteint de deux balles manifestait le regret de ne pouvoir survivre à la victoire : il expirait le lendemain. Les assiégés réfugiés dans la Kasba cherchaient à fuir au moyen de cordages qui se brisèrent sous le poids des corps humains : tous roulèrent dans l’abîme et périrent dans une affreuse agonie.

Ahmed Bey, après la prise de sa capitale, passa onze ans dans les montagnes à lutter contre les Français, mais il fit sa soumission en 1848 et il fut transporté à Alger où le gouverneur-général lui fit une réception qui le réconcilia à la France. Il mourut en 1850.

Voilà le récit des deux sièges de Constantine et je les ai racontés pour prouver une fois de plus que si les troupes françaises ont été livrées à la Prusse en 1870 et écrasées par le nombre, la prochaine guerre — et elle ne saurait longtemps se faire attendre — pourrait bien fournir des victoires aussi glorieuses que celle de la prise de Constantine.

« Peu de cités dans le monde, dit Cherbonneau, l’historien de Constantine, ont subi au-