Page:Bedier - La Chanson de Roland.djvu/183

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De ceux d’Espagne, il en jette morts vingt, et Gautier six, et l’archevêque cinq. Les païens disent : « Les félons que voilà ! Gardez, seigneurs, qu’ils ne s’en aillent vivants ! Traître qui ne va pas les attaquer, et couard qui les laissera échapper ! » Alors recommencent leurs huées et leurs cris. De toutes parts ils reviennent à l’assaut.

CLIV

Le comte Roland est un noble guerrier, Gautier de l’Hum un chevalier très bon, l’archevêque un prud’homme éprouvé. Pas un des trois ne veut faillir aux autres. Au plus fort de la presse ils frappent sur les païens. Mille Sarrasins mettent pied à terre ; à cheval, ils sont quarante milliers. Voyez-les, qui n’osent approcher ! De loin ils jettent contre eux lances et épieux, guivres et dards, et des muzeraz, et des agiers… Aux premiers coups ils ont tué Gautier. À Turpin de Reims ils ont tout percé l’écu, brisé le heaume et ils l’ont navré à la tête ; ils ont rompu et démaillé son haubert, transpercé son corps de quatre épieux. Ils tuent sous lui son destrier. C’est grand deuil quand l’archevêque tombe.

CLV

Turpin de Reims, quand il se voit abattu de cheval, le corps percé de quatre épieux,