Page:Bedier - La Chanson de Roland.djvu/259

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CCXXIV

NAIMES et Jozeran le comte ont formé de vaillants le neuvième corps de bataille. Ce sont les Lorrains et ceux de Bourgogne : ils ont cinquante mille chevaliers bien comptés, le heaume lacé, la brogne endossée. Ils ont des épieux forts, aux hampes courtes. Si les Arabes ne refusent pas le combat, ceux-là frapperont bien, une fois lancés contre eux. Thierry les mènera, le duc d’Argonne.

CCXXV

LE dixième corps de bataille est fait de barons de France. Ils sont cent mille, de nos meilleurs capitaines. Leurs corps sont gaillards, leur contenance fière, leurs chefs fleuris, leurs barbes blanches. Ils ont revêtu des hauberts et des brognes à double tissu de mailles, ceint des épées de France et d’Espagne ; et leurs écus bien ouvrés sont parés de maintes connaissances. Puis, ils sont montés à cheval et demandent la bataille. Ils crient : « Montjoie ! » C’est avec eux que Charlemagne se tient. Geoffroi d’Anjou porte l’oriflamme. Elle avait été à Saint-Pierre et se nommait Romaine : mais à Montjoie elle avait changé de nom (?).

CCXXVI

L'EMPEREUR descend de son cheval. Sur l’herbe verte il s’est couché, face contre terre. Il tourne son visage vers le soleil levant, et de tout