Page:Bedier - La Chanson de Roland.djvu/315

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lon, Roland était à votre service : c’en devait être assez pour le garantir. Ganelon est félon, en tant qu’il l’a trahi : c’est envers vous qu’il s’est parjuré et qu’il a forfait. C’est pourquoi je juge qu’il soit pendu et qu’il meure, et que son corps… soit traité comme celui d’un félon qui fit une félonie. S’il a un parent qui veuille m’en donner le démenti, je veux, de cette épée que j’ai ceinte, soutenir sur l’heure mon jugement. » Les Francs répondent : « Vous avez bien dit. »

CCLXXVIII

DEVANT le roi Pinabel s’est avancé. Il est grand et fort, vaillant et agile ; celui qu’un de ses coups atteint a fini son temps. Il dit au roi : « Sire, c’est ici votre plaid : commandez donc qu’on n’y fasse pas tant de bruit. Je vois céans Thierry, qui a jugé. Je fausse son jugement et je combattrai contre lui. » Il remet au roi, en son poing, un gant de peau de cerf, le gant de sa main droite. L’empereur dit : « Je demande de bons otages. » Trente parents s’offrent en loyale caution. Le roi dit : « À mon tour, je vous cautionnerai. » Il les met sous bonne garde, jusqu’à ce qu’il soit fait droit.

CCLXXIX

QUAND Thierry voit qu’il y aura bataille, il présente à Charles son gant droit. L’empereur donne caution pour lui, puis il fait porter quatre