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Laure Conan

par l’art de la romancière, ici peut-être trop peu séparée de l’historien ?

« Le livre s’ouvre, continue l’abbé Groulx, par un chapitre qu’il faudrait peut-être intituler : La tentation de Champlain, composition quelque peu fantaisiste où vient s’exprimer le doute du fondateur en l’utilité de son sacrifice, en la durée de son œuvre. Mais tout de suite Laure Conan fait défiler la série de ses chapitres où l’on apprend par quels petits ouvriers, lentement, jour par jour, s’est édifiée la Nouvelle-France. Cette disposition du volume, n’en doutons pas, répond à un dessein. L’auteur a voulu nous dire la toute puissance des petits dévouements qui s’additionnent et se multiplient, surtout si, à leur effort, s’ajoute la collaboration divine. »

« Rien de plus curieux à lire, nous dit Mlle Daveluy, que certaines de ces courtes biographies. Par exemple, quelle existence mouvementée que celle de l’abbé Calonne, ce prêtre grand seigneur, jeté en Amérique par la Révolution française. Le portrait de Pierre Boucher ne lui cède guère en intérêt. Lisez, s’il vous plaît, le testament de ce premier Seigneur de Boucherville. C’est une pièce rare. Vous n’en trouverez pas de semblables dans nos études modernes. »

Laure Conan s’est faite aussi apôtre. Elle a profité de la campagne antialcoolique pour écrire, en 1913, ce vibrant appel Aux Canadiennes et L’Obscure souffrance, en 1919. Ce sont deux ouvrages d’un grand intérêt social. Dans l’un elle