Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/141

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IV

Et ainsi la journée s’écoula comme un rêve, et l’homme qui conservait encore l’impression comme d’avoir été réveillé d’entre les morts observait, recueillait les images, et tâchait à se les assimiler. Une ou deux fois, durant la journée, assis à table auprès du P. Jervis, il lui posa quelques questions, et entendit vaguement des réponses ; d’autres fois, en allant et venant, il s’entretint avec d’autres ecclésiastiques ; mais le plus souvent il poursuivit un actif travail intérieur, s’ingéniant à peupler de faits nouveaux l’étrange édifice du monde qu’il commençait à découvrir autour de soi. Il prit part à la visite du tombeau de l’apôtre par le Souverain Pontife, il regarda de quelle manière le Père des Princes et des Rois s’avançait, entre ses royaux enfants, jusqu’aux portes de la Confession, qu’entouraient des lampes d’or, et de quelle manière l’héritier du premier Roi Pécheur s’agenouillait auprès des restes mortels de celui-ci.

Plus tard, aux vêpres, du haut de la même tribune, il entendit l’appel des grandes orgues neuves, dans la basilique, et les mélodies des psaumes s’élevant d’un côté à l’autre du temple, partagées entre les deux masses des chœurs. Il revit une fois de plus, en face de soi, la tribune royale où, chacun sous un dais, les souverains de la terre ou leurs représentants siégeaient pour rendre honneur à