Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/146

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dement du catholicisme : mais je n’aperçois pas encore pleinement de quelle façon cette vie s’accorde avec la science. De mon temps… (il s’arrêta) je veux dire que j’avais comme l’idée qu’il existait un abîme entre la science et la foi, une séparation radicale, sinon une absolue contradiction. Comment ces deux ordres séparés se sont-ils rejoints ? Quelle est l’attitude nouvelle de la science, prise en bloc, à l’égard de la religion ? Est-ce que, de part et d’autre, l’on se borne à dire que la science et la foi doivent poursuivre leur propre voie, sauf à ne jamais se rencontrer ?

Le P. Jervis parut embarrassé.

— Mais, dit-il, vraiment je ne comprends pas. Il n’y a aucun conflit entre la science et la foi. Ne vous ai-je pas dit que la grande majorité des savants étaient des prêtres ?

— Oui, mais quel est le point de contact ? Voilà ce que je ne vois pas encore !

Le prêtre secoua la tête, en souriant.

— Je vous assure que je n’ai aucune idée de ce que vous voulez dire, monsignor. Donnez-moi un exemple !

— Eh ! bien, par exemple, voici les guérisons miraculeuses ! Je me rappelle que M. Manners nous en a dit un mot. Autrefois, les savants déclaraient que ces cures résultaient de la suggestion, tandis que les catholiques affirmaient qu’elles étaient surnaturelles. Comment les deux opinions se sont-elles conciliées ?