Page:Bergerat - Souvenirs d’un enfant de Paris, vol. 1, 1911, 3e mille.djvu/138

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Je ne rentrai pas chez moi, mais je courus chez mon tailleur, chorège de mes dettes vociférantes.

— Voici, lui dis-je, me renouvelez-vous mes billets pour trois, six, neuf, si je vous fais une réclame en plein Théâtre-Français, dans une cantate à Molière ?

— Sur la scène ?

— Sur la scène, et à la rime.

— Tope, mais j’aurai un billet de faveur ?

— Vous l’aurez.

Et il l’eut.

Dans l’une des strophes, Leroux disait autant qu’il m’en souvient :

France, le monde entier vient te remercier…

Mon tailleur avait nom : Mercier !

La rime y était, et riche !

Telle fut ma cantate à Molière.