Page:Bergerat - Souvenirs d’un enfant de Paris, vol. 1, 1911, 3e mille.djvu/211

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V

L’AMBULANCE DU THÉÂTRE-FRANÇAIS


Le seul lieu où il fut possible de se soustraire un peu au cauchemar de l’investissement, c’était le Théâtre-Français, à l’administration, soit dans le cabinet du père Verteuil, soit dans la salle du Comité de lecture, dit « le salon vert ». Les habitués et amis de la maison, auteurs, acteurs, artistes, abonnés et hommes politiques, se retrouvaient là dans l’intervalle des gardes. On y venait aux nouvelles, on en apportait, de vraies, de fausses, de contradictoires, et l’on y passait de la joie au découragement, mais on finissait toujours par se dérider à quelque drôlerie parisienne, bon mot, anecdote, calembredaine, et c’était tout ce qu’il fallait pour gagner un jour sur ce temps de désolation.

Chez le père Verteuil, secrétaire général, se taillaient les bavettes masculines, celles où l’on jure, sacre et se chamaille. Les gros bonnets du Sociétariat étaient divisés en deux camps politiques, d’une