Page:Bergerat - Souvenirs d’un enfant de Paris, vol. 1, 1911, 3e mille.djvu/331

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VI

BIBLIOPHILIE


Il y a beaucoup de gautiéristes ou, si l’on veut, de gautiérophiles, ils sont d’ailleurs tous de l’élite intellectuelle du pays. C’est quasi à ce signe qu’ils se reconnaissent, et même se classent peut-être.

— Je suis le poète des mandarins, disait-il quelquefois avec une moue d’enfant où s’exprimaient ensemble la conscience de son génie et son fatalisme amène.

Son œuvre n’a guère pénétré dans ce que la critique sarceyenne appelle : le gros public, et il est probable de plus en plus qu’elle n’y entrera jamais. Pour beaucoup de raisons dont la première est celle qui tient les artistes de tous les arts en méfiance de la démocratie, la masse préférera toujours, par instinct autant que par éducation cérébrale, Les Trois Mousquetaires au Capitaine Fracasse ; le tout est de ne pas s’illusionner à ce sujet et de bien se convaincre que le poète, pas plus que le juste de l’Évangile, n’a droit au royaume de ce monde.