Page:Bergerat - Souvenirs d’un enfant de Paris, vol. 1, 1911, 3e mille.djvu/369

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X

LE DERNIER DÉJEUNER


L’un de mes souvenirs les plus attendris est celui du déjeuner que Théophile Gautier voulut faire chez moi, et y fit, quelques semaines avant mon mariage.

Ce qu’il m’avait entendu conter de la bohème ternoise comme aussi du pavillon Turquet, où nous l’avions, Georges, moi et tous les « Place aux jeunes » si gaiement menée, lui avait inspiré le désir de connaître ce « château de la Misère ».

— Ça me rappellera, me disait-il, notre impasse du Doyenné, avec Gérard, Arsène et Camille Rogier. Car on oublie toujours que c’est nous qui avons été les premiers Schaunard et Colline, un quart de siècle avant Mürger. Seulement, nous, souriait-il, nous avions du talent et nous ne faisions pas des vers invertébrés comme ceux de cette mauvaise queue d’Alfred de Musset.