Page:Bergerat - Souvenirs d’un enfant de Paris, vol. 1, 1911, 3e mille.djvu/403

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cette excursion dans le domaine de Scribe ne paraît avoir été ni heureuse ni fructueuse pour le poète.

Arnal y représentait le personnage de certain Reniflard, sorte de Perrichon avant la lettre, qui après fortune faite dans le commerce se payait un voyage instructif et pittoresque au pays de Gil Blas. Il n’y rencontrait, cela va sans dire, que des déboires, incarnés par force brigands de villes et de montagnes, et rentrait, tout à fait déçu du Cid et des manolas, dans sa bonne rue du Sentier.

Au dénouement, le gouvernement de Madrid, honteux des mésaventures de Reniflard, son hôte, lui faisait offrir, à titre de dédommagement, une liasse de papiers de rentes sur la Banque Nationale d’Espagne.

— Le roi est trop aimable, disait Arnal, remerciez-le bien de ma part, mais j’aime mieux une simple feuille de papier à cigarette, j’y gagne !

Un Voyage en Espagne n’a pas été publié dans le « Théâtre » de Théophile Gautier, et on ne le trouve, quand on le trouve, qu’en brochure dans l’édition in-8 à deux colonnes de Tresse. Ceci pour les gautiéristes, fervents des princeps du maître.

Il en va de même pour La Juive de Constantine, mélodrame en cinq actes, que la Porte-Saint-Martin offrit à sa clientèle le 16 novembre 1846. Théophile Gautier y avait pour collaborateur Noël Parfait, son compagnon de route en Algérie. Voici comment il en conte la genèse dans le feuilleton de La Presse où il en rendit compte lui-même à titre de critique :

« Il existait à Constantine, dans le cimetière juif, deux ou trois tombes vides, bien qu’elles portassent des épitaphes. Ces tombes étaient celles de jeunes