Page:Bergerat - Souvenirs d’un enfant de Paris, vol. 1, 1911, 3e mille.djvu/405

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vaudeville, lorsqu’il répond au chef de brigands qui l’interroge sur sa profession : « Je suis apte à tout, c’est-à-dire : inapte à rien », il s’était juré de résoudre le problème de l’ouvrage sans style et sans écriture. Il faut croire qu’il n’y réussit pas, même sous le joug du bon Noël Parfait, « carcassier éminent » cependant, car La Juive de Constantine ne décrocha que le pâle succès d’estime.

Rien de plus mélancoliquement drôle ou de plus drôlement mélancolique, comme on voudra, que la façon dont le lundiste constate la défaite de l’auteur, dans son auto-critique de La Presse. C’est le renouveau professionnel du : « Qu’allais-je faire dans cette galère ? »

« Nous avouons humblement que, depuis de longues années, notre ambition était de faire un mélodrame. Mais comment le faire, ce mélodrame ? Quelle poétique consulter, quelles règles suivre, à quelle autorité s’en rapporter ? Aucun Aristote n’a tracé de préceptes pour ce genre de composition. Longus garde là-dessus le plus profond silence… ! »

Et le maître, doctement, ajoute :

« À le prendre, dans son acception propre, mélodrame veut dire : action accompagnée de mélodie, ou plus rigoureusement, accompagnée d’action, ce qui nous paraît une définition tout aussi applicable à l’opéra.

« Ô Guilbert de Pixérécourt, ô Caignez, ô Victor Ducange, Shakespeares méconnus, Gœthes du boulevard du Temple, avec quel soin pieux, quel respect filial, à la lueur déjà pâlissante de la lampe, amie nocturne, nous avons étudié vos conceptions gigantesques, oubliées de la génération présente ! Que de