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Lettre VII

UNE JOURNÉE À HARLEM


26 août.

Aujourd’hui c’est à Harlem que nous nous transportons, à la recherche d’un maître dont on peut dire que sa gloire est récente, quoiqu’il ait vécu au commencement du dix-septième siècle et qu’il précède Rembrandt de vingt ans dans l’histoire de l’école néerlandaise. Grâce à Frans Hals, la petite ville de Harlem est désormais une cité d’art dont le pèlerinage s’impose au critique. Il faut confesser du reste qu’elle est bien faite pour attirer les pèlerins et pour les retenir.

Nous avons visité Harlem par une splendide journée. Jamais le ciel hollandais, toujours si vaste et si aérien, n’avait développé au-dessus de notre tête plus limpide immensité ! C’était bien la lumière qui convenait pour voir Frans Hals, génie clair, heureux et franc s’il en fut. Le train matinal qui nous emportait d’Amsterdam, « la ville bâtie sur des arêtes de harengs », était rempli de bourgeois qui allaient