Page:Berlioz - Les Grotesques de la musique, 1859.djvu/188

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notes basses surtout, est d’un comique irrésistible ; il en résulte une sorte de gargouillement assez semblable au bruit de l’eau sortant d’une gouttière mal faite. Les musiciens de style l’emploient peu. On commence à reconnaître la laideur de cet effet de voix humaine. Il est déjà si ridicule, qu’un chanteur a l’air de commettre une action honteuse en le produisant. On en rougit pour lui. Dans deux ou trois cents ans on y renoncera tout à fait.

Un compositeur parisien de l’école parisienne a publié dernièrement un morceau religieux funèbre, pour voix de basse. À la fin de son morceau se trouve un long trille sur la première syllabe du mot requiem :

Pie Jesu, domine, dona eis re… quiem !!!!

Voilà le sublime du genre.




Les moineaux.


Quelqu’un désignait un jour Paris comme la ville du monde où l’on aime le moins la musique et où l’on fabrique le plus d’opéras comiques. La première proposition est peu soutenable. Évidemment on aime encore plus la musique à Paris qu’à Constantinople, à Ispahan, à Canton, à Nangasaki et à Bagdad. Mais nulle part, à coup sûr, on ne confectionne des opéras comiques en