Page:Berlioz - Les Grotesques de la musique, 1859.djvu/90

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


au monde l’auteur de cette aimable partition, M. Cahen, n’eût voulut se montrer sévère à l’égard des honnêtes gens venus pour l’applaudir. Aussi quel succès ! comme on a accueilli son ouvrage ! Au dénoûment, les lionceaux et les gazelles laissaient voir un véritable enthousiasme, et les petits bâtons verts s’agitaient dans toutes les bouches comme des pistons de locomotives.




La Jettatura.


M. X… dirige à Paris un affreux petit théâtre que la pudeur m’empêche de nommer. Ce théâtre et son directeur sont tous les deux jettatori ; c’est-à-dire qu’ils jettent des sorts, qu’on meurt ordinairement dans le cours de l’année si l’on serre la main au directeur, et qu’on est infailliblement atteint d’une diarrhée violente si l’on entre dans le théâtre.

Dans une maison où je me trouvais ces jours-ci, l’amphitryon, qui pousse la simplicité et l’incrédulité jusqu’à douter de l’influence des jettattori, s’avisa, pour tourmenter un de ses invités, homme de beaucoup d’esprit et de foi au contraire, de lui jouer le tour suivant. Le nom de chaque convive était écrit, selon l’usage, sur un carré de papier placé devant sa serviette. Il s’arrangea pour que le carré de papier du