Page:Berlioz - Voyage musical en Allemagne et en Italie, II, 1844.djvu/23

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EN ITALIE. 11

résulte presque tout l’effet ? Ils disparaîtront complètement , puisque le piano né peut tenir ni enfler un son.

Accompagnez au piano l’admirable air d’Agamemnon dans l’ ïphi génie en Aiilide de Gluck ! Il y a sous ces vers :

J’entends retentir dans mon sein Le cri plaintif de la nature.

un solo de hautbois d’un effet poignant et vraiment sublime. Au piano, au lieu d’une plainte déchirante , cette note vous donnera un son de clochette, et rien de plus. Voilà l’idée, la pensée, l’inspiration anéanties. Je ne parle pas des grands effets d’orchestre, des oppositions si piquantes établies entre les instruments à cordes et Y harmonie , des couleurs tranchées qui séparent les instruments de cuivre des instruments de bois , des effets magiques de timbales qu’on trouve à chaque pas dans Beethoven et Weber, des moyens dramatiques qui résultent de Yéloignement des masses harmoniques placées à distance les unes des autres, ni de cent autres détails dans lesquels il serait superflu d’entrer. Je dirai seulement qu’ici l’injustice et l’absurdité du règlement se montrent dans toute leur laideur. N’est-il pas évident que le piano anéantissant tous les effets d’instrumentation, nivelle, par cela seul,