Page:Berlioz - Voyage musical en Allemagne et en Italie, II, 1844.djvu/47

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m ITALIE. 3a

également néanmoins les affections de l’Académie.

C’est donc le premier samedi d’octobre que leur mère radieuse bat de l’aile, et que la cantate couronnée est enfin exécutée sérieusement. On rassemble alors un orchestre tout entier ; il n’y manque rien. Les instruments à cordes y sont ; on y voit les deux Mtes, les deux hautbois, les deux clarinettes ( je dois cependant à la vérité de dire que cette précieuse partie de l’orchestre est complète depuis peu seulement. Quand Y aurore du grand prix se leva pour moi, il n’y avait qu’une clarinette et demie : le vieillard chargé depuis un temps immémorial de la partie de première clarinette , n’ayant plus qu’une dent, ne pouvait faire sortir de son instrument asthmatique que la moitié des notes, tout au plus). On y trouve les quatre cors, les trois trombones, et jusqu’à des cornets à pistons, instruments modernes ! Voilà qui est fort. Eh bien ! rien n’est plus vrai. L’Académie, ce jour-là, ne se connaît plus, elle fait des folies, de véritables extravagances : elle est contente, et crie et bat de l’aile, ses hiboux (ses aiglons voulais-je dire) sont éclos. Chacun est à son poste. Habeneck, armé de l’archet conducteur, donne le signal.

Le soleil se lève ; solo de violoncelle... léger crescendo.