Page:Berlioz - Voyage musical en Allemagne et en Italie, II, 1844.djvu/54

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4â VOYAGE MUSICAL

doute, dans le principe, un but d’utilité pour l’art et les artistes. Il ne m’appartient pas de juger jusqu’à quel point les intentions du fondateur ont été remplies à l’égard des peintres, sculpteurs, graveurs et architectes ; quant aux musiciens, je le répète, le voyage d’Italie, favorable au développement de leur imagination par le trésor de poésie que la nature, l’art et les souvenirs, étalent à l’envi sous leurs pas, est au moins inutile sous le rapport des études spéciales qu’ils y peuvent faire. Mais le fait ressortira plus évident du tableau fidèle de la vie que mènent à Rome les artistes français. Avant de s’y rendre, les cinq ou six nouveaux lauréats se réunissent pour combiner ensemble les arrangements du grand voyage qui se fait d’ordinaire en commun. Un voiturin se charge, moyennant une somme assez modique, de faire parvenir en Italie sa cargaison de grands hommes, en les entassant dans une lourde cariole, ni plus ni moins que des bourgeois du Marais. Comme il ne change jamais de chevaux , il lui faut beaucoup de temps pour traverser la France, passer les Alpes, et parvenir dans les Etats-Romains ; mais ce voyage à petites journées doit être fécond en incidenls pour une demi -douzaine de jeunes voyageurs dont l’esprit, à cette époque, est fort loin d’être tourné à la mélancolie. Si j’en parle sous la forme dubitative, c’est que je ne l’ai pas fait