Page:Bernard - La science expérimentale.djvu/227

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sion de la douleur qui accompagne cette sensibilité consciente pendant les opérations chirurgicales.

On fait respirer les vapeurs d’éther ou de chloroforme qui arrivent dans les poumons, à travers les parois des vésicules pulmonaires, elles pénètrent alors dans le sang qui les conduit au contact des éléments nerveux de l’encéphale ; c’est alors que le moi s’endort et avec lui la sensibilité consciente.

On ne pousse pas l’action plus loin parce qu’elle n’aurait plus aucune utilité chez le malade qu’on opère. Mais si nous éthérisons des animaux, comme des grenouilles, en continuant indéfiniment l’introduction des vapeurs d’éther, nous voyons successivement s’éteindre, après la sensibilité consciente, toutes les manifestations de la sensibilité inconsciente dans l’intestin et les glandes, et nous finissons par arrêter l’irritabilité musculaire et les agitations si vivaces des cils vibratils implantés en très-grand nombre comme les poils d’une brosse dans certaines membranes muqueuses, par exemple celle qui tapisse les voies respiratoires.