Page:Bever-Léautaud - Poètes d’aujourd’hui, II, 1918.djvu/208

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reflet, on qu’ils mangèrent, jusqu’à la gorge et le gosier, des mûres et des framboises.

Leurs mains plongent enfin dans les poitrines belles et retirent cinq Cœurs, cinq Cœurs battant de l’aile.

Dans la brise, toujours dorment les Promises de porcelaine emparfumées de marjolaine.

Ensuite, ayant cousu les chair — avec le fil du baiser cher en l’aiguille des dents — et refermé corsage et corselet où rient deux pommes de Quimperlé, les cinq Gars de faïence entrent dans la chapelle peinte offrir les Cœurs, les Cœurs battant de l’aile, à la Sainte aux fins yeux d’algue qui, les sauvant des loups gloutons du vent noroît, guida leurs grands moutons de bois vers le bercail de Cornouailles.

Hélas ! quand ils sortirent devers la moussé et l’herbe, plus ne virent leurs Douces aux longs cheveux de gerbe.

Toutes là-bas partaient, partaient parmi la route qui, blanche, se déroule jusqu’au village où l’on roucoule.

Eux les appellent par leurs noms : Yvonne, Marthe, Marion, Naïc et Madeleine !

Mais point ne se tournent lés belles, Yvonne, Marthe, Marion, Naïc et Madeleine ; et les vilaines au loin s’en vont.

Si loin que leur coiffelette, d’abord aile de mouette, devient aile de papillon, puis flocon de neige fondu pair l’horizon...

Tombent alors en défaillance les cinq Gars de faïence, tandis que disparaissent les cinq Promises de porcelaine emparfumées de marjolaine.

De cœur n’ayant plus, elles n’aimaient plus : Yvonne, Marthe, Marion, Naïc et Madeleine.

Quimper, 1890.

{L »a t’étrieê intéruaret.)