Page:Bibaud - Histoire du Canada et des Canadiens sous la domination anglaise, Vol 2, 1844.djvu/26

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ministre, de vous recommander de mettre tous vos soins à maintenir la plus stricte discipline, et de ne pas donner le moindre encouragement à ces vaines prétentions de priviléges exclusifs dans le service ; ces prétentions étant incompatibles avec la nature de notre constitution, et ne tendant qu’à la ruine de l’ordre et de la discipline. Il serait, ajoute-t-il, de la plus grande et de la plus criante injustice qu’on eût le moindre ressentiment contre M. Walker, après le cruel traitement qu’il a éprouvé, et l’on ne peut trouver mauvais qu’il cherche à obtenir justice, sans se rendre, en quelque sorte, complice de l’assassinat commis sur sa personne.[1] »

À la cour criminelle tenue à Mont-réal, dans le mois de février de l’année suivante (1767), le seul Daniel Disney, capitaine » au 44ème régiment d’infanterie, fut jugé comme un des assassins de M. Walker ; et malgré le témoignage positif de ce monsieur et de sa femme, et d’un soldat du nom de McGavock, il fut déclaré innocent, ses témoins ayant prouvé un alibi, c’est-à-dire qu’il était ailleurs, dans le temps que le crime se commettait. Et comme si ce n’eût pas été assez que tous les auteurs de cet attentat demeurassent impunis, le lendemain du procès, le grand jury déclara, dans son exposé (presentment), que M. et Madame Walker s’étaient rendus coupables de parjure, en affirmant que le capitaine Disney était un de ceux qui s’étaient introduits en assassins dans leur maison.

Pour revenir à l’année 1766, au mois de juin, le général Murray partit pour l’Angleterre, et fut remplacé, ad interim, par le lieutenant-colonel Irving,

  1. Il paraît que le général Murray, trop ami du militaire, avait destitué M.  Walker ; car il lui est ordonné, dans la lettre de M. Conway, de le rétablir incontinent dans sa charge de juge de paix.