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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

ils franchi une petite distance qu’une décharge de mitraille retentit en arrière ; Colborne, avec deux mille hommes, les cernait du côté nord.

Alors la consternation se met dans les rangs une partie des patriotes s’enfuient à travers la mitraille. Chénier veut les rallier ; mais, en vain, avec beaucoup de difficulté il parvient, avec les plus braves, à retourner au village que les boulets de l’ennemi commencent à assiéger. Tandis que les patriotes se retirent dans le presbytère, l’église, le couvent, on apprend avec indignation que le général Girod s’est enfui à cheval du côté de Saint-Benoit. Il ne reste pour combattre Colborne que cinq ou six cents hommes, dont la moitié seulement possèdent des fusils ; les autres sont armés de bâtons, de faux, de pieux. Plusieurs se sont retirés dans les maisons environnantes.

Chénier, fait commandant au dernier moment, s’est enfermé avec deux cents hommes dans l’église : Pierre Dugal, Guitard, Deslauriers, Forget, Major sont à ses côtés. Au dehors on entend gronder la canonnade. On cerne le village, tous les chemins sont bloqués, de tous côtés on lance des obus destructeurs, des paquets de mitraille déchirent les murailles ; les patriotes trépignent d’indignation et de rage en reconnaissant, parmi ceux qui leur livrent le combat, des judas.