Page:Bibliothèque de l’École des chartes - 1895 - tome 56.djvu/425

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des inscriptions au concours des Antiquités nationales. Puisée directement aux sources originales, elle rectifiait des erreurs accréditées, exposait avec clarté la politique des rois de France à l’égard des archevêques et de leurs bourgeois et établissait définitivement la date du traité qui livra au roi Philippe le Bel la souveraineté de la grande cité lyonnaise.

« Plus tard, une autre excursion dans un domaine plus restreint de l’histoire locale fut due à un sentiment de même nature. Rattaché à Versailles par son mariage, Bonnassieux s’enquit de l’histoire du quartier qu’il y habitait ; il en rechercha curieusement les sources dans les archives publiques et privées, et en un élégant volume, plein de faits nouveaux, le Château de Clagny et Mme de Montespan, il raconta l’histoire de la somptueuse demeure élevée par Louis XIV pour sa favorite, sur les plans de Mansart, et démolie sous Louis XV.

« Mais ce fut aux Archives nationales, où il avait été appelé en 1874, que se forma sa vocation définitive d’historien. Au milieu des documents innombrables de la section administrative, il fut attiré de préférence par ceux qui pouvaient éclairer l’histoire économique, commerciale et industrielle de la France aux derniers siècles de la monarchie. Bien préparé par ses études juridiques et par les postes administratifs où il avait commencé sa carrière, il eut le grand mérite de comprendre qu’il était temps d’appliquer à l’histoire des institutions modernes les procédés d’investigation, les méthodes rigoureuses et la critique dont les maîtres de l’École des chartes lui avaient montré l’application à l’étude du moyen âge. Un sujet mis au concours par l’Académie des sciences morales le détermina à étudier les anciennes compagnies de commerce. Son travail fut couronné dès 1884 ; mais, patiemment remis sur le métier, corrigé et complété avec le soin minutieux qu’il mettait à toutes ses œuvres, il devint en 1892 seulement le beau livre sur les Grandes Compagnies de commerce, qui restera son meilleur titre à la reconnaissance des historiens. C’est, en effet, fondée sur des sources authentiques l’histoire du commerce intérieur depuis le moyen âge jusqu’aux temps modernes.

« Entre temps, il avait entrepris cet Inventaire analytique des procès-verbaux du Conseil de commerce, dont M. le garde général des archives a parlé avec tant d’estime, et, tout en s’acquittant de cette tâche, il élaborait le plan d’un vaste ouvrage sur l’histoire de l’industrie et du commerce de la France au xviiie siècle, dont les documents qu’il analysait lui fournissaient les principaux éléments. Mais, hélas ! ce travail de prédilection, ce livre où il devait donner toute sa mesure ne paraîtra jamais. Quelques chapitres qu’il en avait distraits ont seuls été rédigés et publiés ; ce sont : une brochure sur la Question des grèves sous l’ancien régime, une autre sur les Assemblées représentatives du commerce, un Examen des cahiers de 1789 au point de vue commercial et