Page:Bibliothèque de l’École des chartes - 1897 - tome 58.djvu/12

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


complets sur la maladie, le décès et la sépulture de ce prince. Il les puisa évidemment à bonne source, car sa relation concorde en général avec le texte des meilleurs annalistes ; du reste, le seul fait de l’avoir écrite sous l’impression même des événements suffit à garantir, d’une manière sérieuse, la sûreté de ses informations.

Nous avons donc pensé que la publication de cet acte pourrait offrir quelque intérêt, d’autant qu’elle nous donne le moyen de mettre, pour ainsi dire, en parallèle le récit tiré d’un document à date certaine et celui fourni par les chroniques de l’époque : la comparaison est toujours utile à établir. La courte notice qui va suivre citera les faits relatés dans l’ordre où le narrateur les a exposés lui-même.

Guillaume Baldrich décrit, tout d’abord, la cérémonie funèbre qui avait eu lieu quelques jours à peine avant le départ de sa lettre. Le corps du roi, dit-il, fut transporté à Paris par la Seine, le 1er décembre, ainsi que cela s’était passé autrefois pour Philippe le Hardi, au retour de l’expédition de Catalogne. Déposé à terre près de Saint-Bernard[1], il fut conduit solennellement à Notre-Dame. La messe y fut célébrée, le lendemain, par l’archevêque[2] de Sens, frère d’Enguerrand de Marigny, pour le repos de l’âme du roi défunt. Le service terminé, le cortège se dirigea vers Saint-Denis[3] ; Louis, fils aîné de Philippe, en faisait partie, ainsi que ses frères, ses oncles et Robert d’Artois, sans compter un nombre considérable de prélats et de religieux et une foule immense.

  1. Sur la rive gauche de la Seine. Les Chronographia regum Francorum (Éd. Moranviilé, dans la coll. de la Société de l’Histoire de France, t. I, p. 219) racontent que la dépouille mortelle de Philippe fut apportée au collège de Saint-Bernard et mise sur un lit de parade avec la couronne sur la tête et le sceptre à la main. Les Anciennes Chroniques de Flandre (Histor. de Fr., t. XXII, p. 401) parlent de l’église de Saint-Bernard et aussi du lit de parade. Notre récit dit simplement « prope Sanctum Bernardum, » mais, à la différence de ces deux chroniques, il fixe d’une manière précise les jours de l’arrivée du corps à Paris et de la cérémonie à Notre-Dame.
  2. Il s’appelait Philippe. Cf. Gallia christiana, t. XII, c. 70.
  3. Les Chronographia et les Anciennes Chroniques de Flandre placent le départ du cortège pour Saint-Denis au lendemain du service fait à Notre-Dame. D’après Guillaume Baldrich, il eut lieu à la même date que celui-ci et le 2 décembre, jour indiqué également par le continuateur de Guillaume de Nangis (Histor. de Fr., t. XX, p. 612) et celui de Girard de Frachet (Id., t. XXI, p. 42).