Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/116

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colonne manométrique arrive à 120 millimètres, le pouls disparaît : on continue l’augmentation de pression jusqu’à 140 ; puis on arrête le moteur qui fait tourner le volant du piston ; la pression devient fixe ; au moment même où on arrête le moteur, il n’y a plus de pulsation sur le tracé, et par conséquent on pourrait, constatant que la contre-pression de 120 supprime le pouls, en conclure que la pression du sang est de 120 ; mais on attend un moment, en laissant subsister la contre-pression de 140 ; bientôt se fait un retour de la pulsation, qui grandit rapidement ; pendant cette apparition de la pulsation, la colonne de mercure descend un peu, arrive à 135 ; voilà donc une contre-pression de 135 qui laisse subsister la pulsation, tandis que celle de 120 la supprimait. Que conclure de là ? La pression du sang est-elle égale à 120, ou à 135 ? Nous l’ignorons.

Ces résultats montrent qu’il est impossible de mesurer d’une manière absolue la pression du sang avec le sphygmomanomètre. On ne peut la mesurer que d’une manière relative, et par conséquent il faut avoir une contre-pression qui soit bien réglée, automatique, pour uniformiser toutes les conditions d’expérience. Nous avons adopté un moteur à poids, ayant une force de 4 kilogrammes. Ce moteur est appliqué à la manivelle du piston ; le mouvement est bien uniforme, et l’expérience totale dure environ trois minutes.

Nous n’avons pas employé le flotteur inscrivant de Mosso pour les tracés que nous mettons sous les yeux du lecteur ; nous avons employé la transmission à air et les tambours inscripteurs ordinaires. Pour avoir un tracé rectiligne, et non un tracé ascendant, nous avons ménagé une fuite dans un tube de transmission, selon une méthode que nous avons décrite ailleurs [1].

Voici une courbe d’état normal prise sur M. V… pendant qu’il était assis (fig. 42). La courbe a été prise avec une contre-pression croissante ; l’expérience a duré environ

  1. Année psychologique, II, p. 782.