Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/117

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deux minutes. Au-dessous du tracé du pouls, nous indiquons par un chiffre la contre-pression subie à ce moment-là ; elle est indiquée en millimètres de mercure. On voit que le pouls cesse de se marquer entre 100 et 120 millimètres, soit à 110 : par conséquent ce nombre de 110 correspond, d’après Marey, à la pression du sang.

Pour étudier l’effet du travail intellectuel court — le seul expérimenté jusqu’ici — sur la pression du sang, nous avons procédé de la manière suivante. Nous avons pris le pouls sous des pressions croissant depuis 0 jusqu’à 140 millimètres de mercure : on fait d’abord cette exploration pendant que le sujet est à l’état de repos, sans excitation ni préoccupation d’aucune sorte ; ensuite on recommence la même expérience pendant que le sujet s’absorbe dans un calcul mental difficile ; on a de cette manière deux courbes à comparer, prises à quelques minutes d’intervalle ; la différence qu’elles présentent peut être mise au compte du travail intellectuel, à moins qu’une circonstance fortuite, une émotion, un frisson, un changement d’attitude, etc., n’empêche les deux expériences d’être comparables.

Le calcul mental devait durer pendant deux à trois minutes environ ; nous n’avons pas donné au sujet un calcul mental unique, parce que ce calcul aurait dû être très compliqué et très difficile pour durer aussi longtemps ; par conséquent un sujet qui n’a pas de dispositions exceptionnelles pour ce genre d’exercices, se serait embrouillé, aurait perdu les chiffres, et en fin de compte nous n’aurions pas eu la forte et régulière concentration d’esprit que nous désirions étudier. Il nous a paru meilleur de donner au sujet une série de multiplications faciles ; dès qu’il en avait terminé une, il disait la solution, et aussitôt on lui en donnait une seconde, puis une troisième. En général, pendant les deux à trois minutes que durait l’expérience, le sujet faisait trois multiplications, chacune de deux chiffres par deux chiffres. Très intéressé par la