Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/118

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recherche, il a toujours fait un effort vigoureux, prouvé par l’exactitude des solutions indiquées. Il fermait les yeux, fronçait les sourcils et penchait un peu la tête en avant ; parfois, il a penché le corps en avant ; mais, comme cette attitude augmente la pression du sang dans la main, nous n’avons pas tenu compte des courbes où cette cause d’erreur s’était produite.

Pendant le calcul mental, le tracé change un peu de longueur ; il résiste à une contre-pression plus forte que le tracé pris à l’état de repos. Ce sont des expériences que nous avons faites sur douze sujets jusqu’ici, et en aucun cas nous n’avons rencontré d’exception. La hausse moyenne de pression, pour un calcul mental difficile, a été de 20 millimètres de mercure (fig. 43).

Le nombre maximum qui ait été atteint est de 30 millimètres, il est tout à fait exceptionnel ; on l’a constaté un jour que M. V… a fait de tête des multiplications considérables pendant huit minutes, avec une très grande application d’esprit. L’augmentation de pression de 30 millimètres n’a lieu qu’au prix d’une concentration d’esprit considérable ; un travail psychique de peu d’intensité ne modifie pas sensiblement la pression ; aussi nous avons constaté chez M. V… que, pendant une expérience de temps de réaction simple et de choix, sa pression reste normale.

Nous donnons ci-après un tableau contenant les résultats d’une dizaine d’expériences sur le travail intellectuel. Les chiffres de pression de l’état de repos ont été pris immédiatement avant de faire faire le calcul mental :