Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/122

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quels sont les avantages de cette méthode : 1° on saisit la première modification produite par l’expérience, sans être obligé d’attendre plusieurs minutes, comme pour la pression graduellement croissante ; 2° on ne détourne pas l’attention du sujet par des changements de pression dans ses doigts ; 3° on ne provoque pas des phénomènes réflexes vaso-moteurs en changeant la pression. Seulement, ce procédé ne peut absolument pas nous faire connaître si la pression a changé et dans quel sens elle a changé. En effet, il nous montre seulement — quand il nous montre quelque chose — que le pouls a changé d’amplitude, qu’il a augmenté ou diminué. Or, il est très difficile d’attacher une signification précise à un changement d’amplitude du pouls ; cette signification varie avec tant de circonstances que nous ne pouvons pas l’indiquer dans une formule simple. Nous pensons qu’il sera utile d’exposer avec détails les expériences nombreuses que nous avons faites sur la pression constante, pour fixer l’interprétation des phénomènes. Nous aurons aussi, chemin faisant, à adresser quelques critiques à différents auteurs. Nous devons d’autant plus insister que la question n’a pas été traitée clairement par Mosso.

Voici le récit de quelques-unes de nos expériences. On sait que, lorsqu’une personne assise se met debout, son pouls capillaire, recueilli avec le pléthysmographe, diminue d’amplitude ; en outre, la pression du sang est augmentée par la station verticale. C’est ce que montrent les deux tracés suivants pris avec une pression graduelle sur une même personne, d’abord assise, puis debout.

Ces tracés sont choisis parmi une série de six, qui ont donné les résultats suivants : assis, 106 ; debout, 140 ; — assis, 130 ; debout, 170 ; — assis, 120. Chaque épreuve a duré quatre minutes.

Ces faits étant bien établis, nous recommençons l’expérience, seulement avec une pression constante. Voici comment nous procédons. Nous prenons le pouls avec