Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/145

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


expérimentateurs ont eu l’idée préconçue que la température périphérique n’a rien de fixe, et qu’elle présente d’un sujet à l’autre, d’un moment à l’autre, et suivant les influences thermiques extérieures, des oscillations énormes. Cependant L. Couty[1], après une étude consciencieuse sur la température palmaire, qu’il a mesurée chez des étudiants en médecine et des infirmiers militaires, arrive à la conclusion que cette température, quoique très variable avec les divers individus, oscille pour chaque individu entre des limites assez étroites et constitue pour lui — Couty ne prononce pas le mot, mais il en a l’idée — une caractéristique physiologique. Le même auteur admet que le plus ou moins d’élévation de la température palmaire moyenne du chaque individu ne dépend ni de la constitution, ni du tempérament, ni de l’état de vigueur ou de faiblesse du sujet ; seul, le plus grand développement nerveux et intellectuel a paru, avoir une action constante sur l’état de la température périphérique. Cette affirmation est si curieuse, si inattendue, que nous avons tenu à la rapporter en employant les termes mêmes de l’auteur ; mais nous nous hâtons d’ajouter qu’elle ne nous paraît pas confirmée par les chiffres de son article. Il compare en effet, au point de vue intellectuel, un premier groupe de sujets, composés d’élèves en médecine et d’étudiants engagés volontaires, avec un second groupe formé d’infirmiers de visite et d’infirmiers d’exploitation, et il constate que la température palmaire des premiers est en moyenne plus élevée que celle des seconds, qui sont tous des individus moins instruits ; il oublie de remarquer — ce que ses tableaux montrent — que la température des premiers et des derniers n’a pas été prise aux mêmes époques de l’année et que les observations sont peu comparables.

Influence du travail intellectuel sur la température centrale. — Une demi-douzaine d’expérimentateurs ont étudié

  1. Arch. de physiologie, janvier et mars 1880.