Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/206

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CHAPITRE VII
INFLUENCE DU TRAVAIL INTELLECTUEL
sur les échanges nutritifs

Nous avons montré dans les chapitres précédents que le travail intellectuel amène des changements bien déterminés dans la circulation du sang, dans la respiration et dans la production de chaleur de l’organisme ; ce sont là des influences qu’il importe de connaître, qui nous font mieux comprendre les effets nuisibles produits par le surmenage intellectuel, mais qui n’ont pas encore de portée pratique pour le pédagogue. Dans le présent chapitre nous sommes en présence d’une question non seulement intéressante au point de vue théorique, mais aussi très importante pratiquement, c’est la question de l’influence produite par le travail intellectuel sur les échanges nutritifs de l’organisme.

L’importance pratique de cette question pour le pédagogue est évidente ; en effet, la nutrition est la fonction de l’organisme qui se trouve à la base de toutes les autres fonctions ; une nutrition normale est la condition première d’une bonne santé ; l’activité d’un organe quelconque dépend de l’état de la nutrition de cet organe ; d’une part, si la nutrition n’est pas suffisante, l’organe ne peut plus travailler aussi bien qu’à l’état normal, et d’autre part tout travail prolongé, toute dépense d’énergie amène certaines modifications dans les échanges nutritifs, et pour réparer ces modifications un simple repas ne suffit souvent pas, il faut intervenir en activant la nutrition.